« L’Incroyable M. X » de Bernard Vorhaus (1948)

par Emilie Sapielak

The Amazing Mr X de Bernard Vorhaus (1948)

L’œil creuse l’image, en explore les différents recoins, cherche à saisir ce qui se dissimule derrière la ligne d’horizon, sonde de nouvelles galeries dont la profondeur semble présager de l’immensité de l’autre monde.

Le plafond s’ouvre, le plancher cède. Mais l’accès grisant vers l’au-delà est une brèche pour qui nous guette ici-bas.

"The Amazing Mr X" de Bernard Vorhaus (1948)

La beauté des plans ôte à la peur sa laideur, son teint blafard et ses sueurs froides. L’effroi devient saisissement.

"The Amazing Mr X" de Bernard Vorhaus (1948)

Alors que l’on crie haut et fort à la supercherie, que les personnages découvrent un à un les tours du magicien, les escroqueries du médium et les horribles machinations du revenant, l’éclat duveteux de la lumière raconte une autre histoire, celle de ces limbes où l’illusion a valeur de vérité, où la clameur des vagues qui s’écrasent sur la plage ensorcèle les jeunes filles, où la musique des morts berce les vivants.

"The Amazing Mr X" de Bernard Vorhaus (1948)

Derrière une glace sans tain, le loup s’approche de sa proie qui ne se méfie pas. Le mouvement est lent, caressant. Leurs visages se rejoignent. Les regards alanguis s’égarent de l’autre côté du miroir. L’illusion de l’amour s’installe, quelques secondes seulement. Elle est assez puissante pour faire barrage aux mots qui voudront la démentir.

"The Amazing Mr X" de Bernard Vorhaus (1948)

Directeur de la photographie : John Alton.
Cathy O’Donnell est Keechie dans Les Amants de la nuit de Nicholas Ray (1947).

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